Dyspareunie : vers une libération de la sexualité des femmes

Sexologue au sein de la Clinique de l'Estrée, le docteur Magalie Benoît exerce aussi en centre de PMA et assure par ailleurs, en libéral, des consultations psychothérapie générales.
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Dr. Magalie Benoît

C’est une spécialiste du bien-être intime, une optimiste, qui aime nommer pour mieux traiter. Son engagement auprès des femmes est aussi celui d’une praticienne de son époque, soucieuse de méthodes alternatives aux recours médicamenteux.

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Qu’est-ce que la dyspareunie et comment expliquez-vous que le terme soit si peu connu, si peu aussi utilisé dans le discours public ? 

La définition est finalement très simple, il s’agit de douleurs lors de la pénétration. Ses causes peuvent être nombreuses : le vaginisme, les maladies dermatologiques vulvaires, les fibromes utérins, les kystes ovariens, la sécheresse vaginale due à certains traitements ou à la ménopause. L’endométriose, que j’ai moi-même vécue, est aussi une cause fréquente. Elle n’a pas été accompagnée de dyspareunie, j’ai eu cette chance, mais cela a aiguisé ma sensibilité auprès des patientes concernées. Elles m’apprennent à les aider. 

Quant à la rareté du mot, j’y vois l’effet d’une banalisation. Très tôt, on apprend aux jeunes femmes que « la première fois » est douloureuse, sanglante, horrible, que c’est un passage obligé, presque un rituel. C’est une manière négative de présenter le rapport sexuel et je crois qu’il marque durablement les esprits féminins. Comme si la pénétration était associée à une violence d’où découlent naturellement toutes sortes de souffrances et d’inhibitions.

Observez-vous une évolution dans la parole des patientes ?

Aucune, et c’est bien là le drame. Il y a un véritable tabou qui repose en fait sur un paradoxe. D’une part, cette hypersexualisation, très médiatisée. D’autre part, une réalité qui prospère sur les terrains culturels, religieux et même médicaux. Affichage d’un côté, silence de l’autre.

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Loin de vous en tenir à la théorie, vous avez aussi une approche de clinicienne chercheuse… 

Permettez-moi un petit historique. J’ai moi-même été diagnostiquée de l’endométriose en 2008. Depuis, trois grandes ères thérapeutiques se sont déployées. Initialement, on ouvrait le ventre, on ôtait les lésions, on cherchait à soulager sans considérer les conséquences chirurgicales. Résultat : des effets secondaires surpassant les effets attendus. 

Ensuite, nous avons connu une phase médicamenteuse, avec des antidouleurs puissants, dans le genre du Tramadol. Fort heureusement, les alertes de l’ARS [ndlr : Agence Régionale de Santé] se sont multipliées et nous en sommes revenus. 

Aujourd’hui, le corps médical promeut les soins de support : l’ostéopathie, la kiné, la diététique, le sport, etc. Internet y a fait pour beaucoup, car les femmes sont informées des risques encourus et sont en demande d’alternatives à la fois douces et efficaces.

Comment Biocalma s’inscrit-elle dans la démarche thérapeutique de votre étude ? 

J’ai découvert qu’ils proposaient un gel intime au CBD, ce que ne font pas les autres labos. Il faut savoir que les traitements médicaux de l’endométriose créent beaucoup de sécheresse vaginale. Cela entraîne une anticipation douloureuse qui déclenche de la contraction. Le gel CBD lubrifie et détend. C’était ce qu’il fallait. Comme je vous le disais, les patientes sont aujourd’hui très réfractaires à tout ce qui est médicamenteux. À présent, nous en connaissons bien les effets secondaires, tels que des cancers gynécologiques ou du sein. 

Il en va de même pour le gel Biocalma à base d’eau. Ni produit chimique, ni parfum : c’est un produit qui répond parfaitement aux besoins des patientes.

Le CBD favorise donc le retour au plaisir intime ?

C’est cela. Ils m’ont aussi proposé de tester une huile de CBD sublinguale qui a des effets sur les douleurs neuropathiques. Incontestablement, dans le cadre des douleurs liées à l’endométriose, la détente et la relaxation aident à la fois du point de vue physique et mental