Le désir est là, pas de doute. L'attirance ? Elle est réelle. Alors pourquoi le corps ne suit-il pas ?
Parce que l’érection ne répond pas à un ordre.
Vous ne décidez pas d’avoir une érection comme vous décideriez de lever le bras ou de fermer la main sur un objet. La force de la volonté seule est insuffisante. Le corps a besoin qu’un certain nombre de conditions soient réunies. Nous les détaillons ici.
Une érection comme un signe de confiance
Si ce n’est pas une simple réaction physique, c’est parce que le système nerveux entre en scène. Ce qui pose problème, ce n’est pas l’envie (ou son absence), c’est l'état dans lequel se trouve l'organisme lorsque ce désir cherche à s'exprimer.
L'érection dit beaucoup. Elle raconte quelque chose de celui chez qui elle se manifeste. Ou pas.
C’est un signal de confiance.
Pour apparaître dans toute son ampleur, le cerveau doit considérer que le contexte est suffisamment sûr pour baisser sa vigilance et laisser place au plaisir, une forme d’attention et de rapport à l’autre bien différente. Le cerveau doit pouvoir dire oui à la disponibilité. Le comprendre est essentiel.
Votre corps fonctionne différemment selon qu’il se sente évalué (c’est-à-dire en danger) ou détendu.
Or, précisément, vous êtes très nombreux à vivre votre sexualité sous le regard d'un juge invisible. Comme s’il y avait un œil caché derrière le rideau, un œil moqueur, terrible, un œil qui calcule ou évalue la performance. Un œil ennemi.
Mais, cet œil, il est en vous. C’est vous !
Suis-je suffisamment « bon » ?
Vais-je « tenir » ?
Ma partenaire le remarquera-t-elle si je « mollis » un peu ?
Et si ça faisait comme la dernière fois…?
Tout un ensemble de questions qui n’ont rien d’anodin et qui, progressivement, déplacent l’attention. Le rapport sexuel, dans ces conditions, cesse d'être une rencontre. Vous vous livrez, en vain, à une démonstration.
Faire l'amour avec son cerveau !
Une difficulté érectile ?
Au début, la panne est attribuée à la fatigue, au stress ou à la mauvaise nuit précédente. On réfléchit comme on le ferait pour une performance sportive laissant à désirer.
Cependant, la deuxième fois, quelque chose change. Au-delà du moment d’intimité jugé décevant, l’homme s’interroge quant au fonctionnement même de son corps. Une partie de lui se tient en état d’observation. Inquiétude, analyse, comparaison, anticipation : il n’est plus pleinement présent. Il lui faut déterminer si tout va bien… ou si tout recommence comme la fois passée.
cette surveillance, vous vous en doutez, est problématique. Les sensations ne sont plus éprouvées pour elles-mêmes, elles font d’abord l’objet d’une évaluation. Celle-ci est stressante, naturellement. Vous avez mis la barre haute, ce qui se comprend, mais vous devenez votre premier concurrent, votre pire adversaire. Le stress et la libido ne font pas, ne peuvent pas faire bon ménage.
Question : comment s'abandonner à l’instant tout en passant son temps à le commenter intérieurement ?
Le paradoxe de la performance
La plupart des hommes confrontés à ces difficultés érectiles cherchent, logiquement, à reprendre le contrôle. Ils lisent et se renseignent. Ils veulent comprendre. Et ils ont raison. C’est une saine démarche, mais elle peut rapidement glisser de la logique du plaisir vers celle de la performance.
Et, ça, ce n’est pas terrible…
Dès lors qu’il « faut réussir », « être à la hauteur », quand on se répète que « cette fois-ci doit absolument être la bonne », on ajoute une pression à l’organisme, alors qu’il en supporte déjà bien assez.
Voilà le cruel paradoxe : plus l'enjeu grandit, plus le cerveau considère que la situation mérite d'être surveillée. En somme, il s’éloigne de l’état de sérénité, de disponibilité intérieure, dont a besoin… votre érection !
Que veut-elle ? De quoi a-t-elle besoin ?
D’être accueillie. Qu’on la laisse venir sans chercher à la conquérir de force.
Elle n’est pas une performance, elle est un état de plaisir apparent.
Le problème ce n'est pas l'érection. C'est la peur qu'elle disparaisse
La première fois, j’ai pensé : « ça arrive à tout le monde » et les femmes connaissent la libido masculine. J'étais fatigué. Honnêtement, pas de souci.
La deuxième fois, j'ai eu honte et j’ai commencé à grincer des dents.
La troisième fois, j'y ai songé toute la journée suivante en priant pour que ça ne recommence pas. Le soir même, une seule question m’habitait : « Est-ce que je vais avoir une érection ? »
À partir de ce moment-là, je ne cherchais pas à faire l’amour, j’attendais seulement un verdict.
Qui parle ? Beaucoup d’hommes, et d’une même voix. Ce qui pose problème, ce n’est pas la dureté du membre, c’est le doute qu’il installe.
Et plus il occupe de place, moins le corps répond présent comme on le voudrait.
À force de chercher à se rassurer, on finit par ne plus ressentir… ce qui favorise naturellement le désir et l'excitation.
Retrouver son érection sans mener un combat
On entend souvent l’expression « lutter contre les troubles de l'érection ». Le vocabulaire lui-même est ici très révélateur et ce n’est pas du tout l’approche de Biocalma.
Lutter.
Combattre.
Se reprendre.
Se forcer.
Comme si la sexualité était une épreuve qu'il fallait remporter.
Le corps ne fonctionne pas de cette manière. L’érection apparaît quand l'organisme cesse de mobiliser toute son énergie pour se défendre, anticiper ou se surveiller. Qu’il retrouve donc l’état dans lequel cette réaction devient naturelle.
Plutôt que de considérer l'érection comme un phénomène isolé, nous la replaçons dans le plus vaste ensemble de l'équilibre émotionnel, de la récupération, de la vitalité et de la désertion du mode « alerte » pour retrouver un véritable état de disponibilité.
La meilleure performance sexuelle commence par moins de tension.
Si ce sujet vous intéresse, nous vous invitons à découvrir notre article consacré aux mécanismes qui influencent la vitalité masculine, ainsi que la page de présentation de notre huile Eros, pensée pour accompagner cette approche globale du bien-être intime.