L’éjaculation précoce n’est pas réductible au trouble sexuel local : elle traduit souvent un déséquilibre plus large qui convoque le stress, l'excitation sexuelle, la respiration, le rythme cardiaque et le flux sanguin. Pour améliorer la performance sexuelle, il faut absolument saisir comment le mental, le physique et le nerveux jouent ensemble. Ce premier article inaugure une série dédiée à ceux qui veulent développer leur endurance sexuelle, et reprendre le contrôle sans renier leur virilité.
La performance engage l’identité
Pour l'essentiel des hommes, la performance sexuelle est directement liée à l’estime de soi. Une éjaculation rapide peut suffire à faire naître un discours interne négatif, une angoisse, une pression silencieuse. Peu à peu, un cercle vicieux s’installe : plus on désire maintenir le temps, plus le réflexe éjaculatoire augmente.
Au sein du couple, la femme n’est jamais indifférente à cette situation. Seulement, sa satisfaction sexuelle dépend moins de la durée que de la présence, de la qualité du lien. Or, le problème sexuel est souvent vécu seul, comme une faute intime. Alors que « le mâle » est socialement appelé à manifester une confiance, à faire preuve de force, de résistance, de distance en toutes circonstances, il vit une fragilité intérieure. C'est une faille qui s'étend et qui, peu à peu, vient créer des craquelures à la surface. Se tenir la tête haute est une exigence sociale. En cela, elle est discutable. Mais c'est aussi une nécessité identitaire. Celle-là, en revanche, est indiscutable.
Penser mécanisme global plutôt que défaut local
L’éjaculation est un réflexe piloté par le système nerveux. Ce n' est pas une simple manifestation du plaisir intense, ce n'est pas non plus une simple sécrétion engagée par la zone sexuelle. Elle dépend de signaux, de sensations, de la circulation sanguine, de l’excitation, mais aussi du stress, du sommeil, de l’activité physique et de l’équilibre hormonal. Autrement dit, l'ensemble du corps sa manière d'évoluer, l'attention que vous lui portez, les activités auxquelles vous le soumettez sont à l'œuvre derrière la performance sexuelle. L'affaire est notoirement complexe. Une dysfonction érectile, une baisse de libido, une fatigue mentale ou une tension artérielle élevée sont autant de sources potentielles pour l'éjaculation précoce. Il en va de même pour des raisons psychologiques aussi paradoxales que l'amour ou l'admiration que vous portez à votre partenaire.
C’est pourquoi les solutions purement locales (crèmes, sprays, produit retardant) montrent vite leurs limites lorsqu'elles sont utilisées seules. Elles peuvent réduire une sensation, mais rarement aider à retrouver une fonction érectile stable et cette endurance durable qui génère le doux sentiment d'avoir été « performant »...
Stress, système nerveux et virilité moderne
Le stress chronique agit à la manière d'une maladie silencieuse. Il perturbe le cœur, la pression artérielle, le rythme cardiaque et la réponse du système nerveux. Il faut bien comprendre qu'il réduit, à terme, la capacité de contrôle, ce qui favorise toutes sortes de dysfonctions. Mais ce stress, messieurs, n’est pas seulement biologique : c'est aussi le produit malheureux d’une époque.
Jamais les hommes n’auront été autant paradoxalement sommés d’être performants. Réussir professionnellement, être présent dans le couple, être des pères impliqués, assumer une image virile moderne sans négliger la sensibilité féminine, gérer la fatigue, le mental, la pression sociale, et... rester irréprochable dans leur vie intime. Cette accumulation crée une tension constante, une forme d’anxiété diffuse qui s’infiltre jusque dans l’acte sexuel. Cette somme d'exigences symbolise une nouvelle forme de virilité qu’il faudrait sans cesse prouver.
Dans cette série d'articles, nous montrerons comment le mode de vie sain, l'alimentation, le sommeil, l’exercice, la respiration et des compléments de qualité participent à une sexualité épanouie. Améliorer ses prouesses sous les draps, ce n’est pas seulement corriger un problème sexuel. Il faut voir beaucoup plus large pour voir aussi plus loin. L'homme, quel que soit l'époque, a été valorisé pour la maîtrise de son équilibre intérieur. Soldat, intellectuel, ouvrier, peu importe. Toujours se retrouve cette idée de confiance stable. Il faut tenir compte de cette donnée. Elle est très utile pour redéfinir une virilité moins fondée sur la pression, et plus ancrée dans la présence à soi que rend possible une santé globale. Vous serez en forme au lit lorsque vous serez... en forme, tout court. Pour « devenir une machine », il faut impérativement s'observer comme une mécanique subtile.
Une approche par la profondeur
Il existe aujourd’hui une autre ligne de pensée. On la rencontre dans les discussions de soirées masculines, lorsque les langues se délient. On l'entend se dérouler dans les vidéos d'influenceurs plus ou moins pertinents. On la retrouve surtout dans le discours de médecins qui, comprenant l'époque, comprennent aussi qu'elle doit éclairer la prise en charge des hommes en souffrance.
L'idée est aussi simple que claire, aussi évidente que saine : vous devez agir sur le mental, le nerveux et le physique avant de multiplier les traitements médicamenteux. La sexothérapie corporelle est intéressante, les exercices du plancher pelvien ou la musculation ciblée aussi. Mais, tout ceci vaudra d'autant plus dans le cadre plus large d'une approche permettant de gérer autrement la tension.
Une promesse pour la suite
Dans les prochains articles, nous étudierons donc les liens entre le sommeil et la libido, les facteurs psychologiques qui freinent la performance ou le désir sexuel, et les moyens naturels de retrouver une sexualité sereine ou furieuse, peu importe les profils, en tout cas épanouie !
Notre conviction est simple : pour retrouver une vie sexuelle, il faut d’abord retrouver un équilibre intérieur. La performance ne se décrète pas. Elle se construit, dans le temps, par une meilleure connaissance de soi, une attitude plus juste, et une compréhension fine de ce qui, en vous, joue un rôle. Prêts à travailler votre endurance sexuelle ?