En fait, le vrai problème est souvent ailleurs. Après la panne.
Elle survient. L'homme s'en étonne. Le rapport sexuel suivant est dominé par la surveillance. Il tâche de mesurer la dureté de son érection, cherche à obtenir les signaux faibles d’un corps qui l’abandonne. Et que penserait la partenaire ? Voilà comment s’installe la peur de la panne. Ce stress, précisément, est susceptible de perturber la réponse sexuelle.
Voilà aussi comment on passe de la difficulté ponctuelle au cercle vicieux : panne, inquiétude, surveillance, tension… et nouvelle panne.
Notre article explore ce mécanisme pour mieux le déminer.
Une panne sexuelle ? Oui, ça arrive
Il y a des soirs où tout glisse, littéralement. Et puis d’autres où le service technique est manifestement en grève…
Vous avez envie, comme votre partenaire, mais l'érection n’a pas la qualité attendue. Ou bien, si elle apparaît correctement, elle disparaît ensuite au mauvais moment.
Situation déstabilisante, mais qui n’a rien d'extraordinaire.
L’érection, contrairement à ce que l’on imagine souvent, n’est pas un bête réflexe. Elle dépend d'une somme assez subtile de paramètres :
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stimulation,
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circulation sanguine,
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état émotionnel,
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fatigue,
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sommeil,
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disponibilité mentale,
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système nerveux...
Que l’un de ces éléments soit moins favorable, et le scénario habituel prend une tournure nouvelle. Pas terrible.
Typiquement, le dîner bien arrosé qui clôt la semaine infernale de boulot ou les trois mauvaises nuits de suite qui baignaient dans le souvenir d’une dispute de couple… pas terrible.
Le corps n'est pas une machine et votre sexe est dépourvu d’interrupteur.
Première chose à retenir, donc, une panne ponctuelle ne dit rien de votre virilité. À la rigueur, si elle dit quelque chose, c’est plutôt « pas ce soir, pas comme ça ».
N’en faites pas de la petite difficulté d’érection une affaire personnelle !
À la mécanique du corps répond aussi, malheureusement, celle de l’esprit. Chez l’homme, ce petit raté du corps n’est pas analysé comme les autres…
Mauvaise séance de sport ? Vous vous dites « Logique, j’étais crevé… ». Et vous avez raison.
Mauvaise digestion ? Vous vous dites « J’ai trop mangé ! ». Et vous avez raison.
Mauvaise érection ? L’affaire devient existentielle…
Qu'est-ce qui m'arrive ?
J'ai un problème, non ?
Elle va croire que je ne la désire plus.
Et si ça recommençait ?
D’événement mineur, banal, commun, la panne devient une crise. Pire : une menace.
Contre quoi ? Contre l'estime de soi voire l'idée que l'on a de sa propre identité masculine.
Ici, précisément, en cet instant précis, l'épisode risque de laisser une trace beaucoup plus encombrante qu’il en faudrait.
C’est un autre problème qui se présente.
« Et si ça recommençait ? » : la question qui s’invite au lit…
Quelques jours après « l’incident », une nouvelle occasion se présente.
Seulement, cette fois, vous êtes trois sous les draps. Vous, bien sûr. Votre partenaire. Mais aussi la petite phrase assise au bord du lit :
Et si ça recommençait ?
Tout est bon pour se rassurer et la chasser. Vérification discrète que l’érection arrive, quitte à se palper pour en mesurer le degré de fermeté. Observation des réactions du corps, observation des idées qui vous traversent l’esprit.
Bref, vous vous comportez exactement comme n’importe quelle personne inquiète.
Seul souci : la relation sexuelle admet assez mal l'audit qualité.
Plus contrôler, c’est moins ressentir. Plus observer, c’est perdre en présence.
L'intimité prend des airs d’examen. Pas terrible.
Quand c’est la peur qui fait la panne
Entrée en jeu du système nerveux !
Nous l'expliquons dans l’article consacré au lien entre érection et détente : l'excitation sexuelle se déploie et s'épanouit lorsque l'organisme éprouve le sentiment de sécurité qui réduit la vigilance.
Or la peur produit exactement l'inverse.
Votre cerveau identifie un enjeu fort. Il surveille ce qui se passe et anticipe l’échec. D’où une augmentation du stress et un corps plus tendu que jamais.
La sexualité voulait l’abandon et voilà que vous vous mettez en ordre de marche pour accomplir… une mission.
Pire que la panne, il y a donc le souvenir de la panne.
Panne → peur de la panne → surveillance de l'érection → stress → tension → nouvelle panne.
Et si votre partenaire n'était pas votre juge ?
Oui, voilà une variable dont on parle habituellement trop peu : l'autre.
Vous êtes nombreux à vivre la difficulté érectile à travers le jugement (supposé) de la partenaire.
Le silence ouvre à toutes les interprétations et c’est bien le drame…
L'un se dit : « je n’arriverai peut-être plus à lui donner du plaisir », tandis que l’autre songe « j’ai l’impression qu’il ne me désire plus ».
Parlez-en ! C’est presque une ordonnance ! Cela suffit, le plus souvent, à retirer de la situation une bonne partie de son enjeu.
Votre vie sexuelle ne se résume pas à une pénétration. Vous n’êtes pas réductible à une verge dressée. L’érotisme se nourrit de proximité et de caresses, de jeux et de plaisirs partagés. Par conséquent, lorsque tout ne se déroule pas comme prévu, tout peut aussi prendre une forme nouvelle pour relancer la machine.
Plus généralement, le premier réflexe après la panne devrait être de retirer à l'événement l'importance qu'il a prise. Une panne sexuelle peut arriver. Non. La panne sexuelle arrive à tous les hommes. Cela n’en définit aucun.
C'est la philosophie de Biocalma et c’est celle qui accompagne l'huile Eros.
Ne pas paniquer, mais ne pas ignorer pour autant
Il faut néanmoins distinguer la panne sexuelle occasionnelle et la difficulté devenue fréquente.
Si vous peinez à obtenir ou maintenir une érection de manière chronique, il est pertinent de consulter un professionnel de santé (médecin, urologue ou sexologue selon la situation).
Nous nous sommes ici penchés sur l’origine psychologique et le mode de vie, mais il ne faut pas négliger la possibilité d’une origine physique. Certaines maladies, certains médicaments, des facteurs cardiovasculaires, hormonaux ou métaboliques peuvent avoir une influence sur l’érection. En fonction de la cause du trouble, et si c’est nécessaire, une prise en charge ou un traitement pourra vous être proposé.